Le Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire
Le Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire est un concours de création paysagère qui se tient chaque année, depuis 1992, dans une partie du parc du domaine, en Loir-et-Cher. Une trentaine de paysagistes et de concepteurs venus du monde entier y construisent chacun un jardin sur une parcelle d’environ 250 mètres carrés, autour d’un thème commun fixé pour la saison. Le thème 2026, « Le jardin fait son cinéma », invite les concurrents à travailler les liens entre le septième art et l’art des jardins.
Un concours avant d’être une exposition
Ce que le visiteur découvre au printemps est la partie visible d’une sélection qui a commencé des mois plus tôt. Le domaine reçoit environ deux cent cinquante projets par édition, déposés anonymement par des équipes pluridisciplinaires : paysagistes, architectes, parfois artistes plasticiens. Un jury international en retient une trentaine. Elles passent ensuite par une étude de faisabilité avant d’être réellement plantées sur le terrain. Le festival, créé par Jean-Paul Pigeat, a ainsi vu naître près de cinq cents jardins depuis sa première édition.
C’est un point qui distingue Chaumont d’un parc de sculptures ou d’un site de land art : rien de ce qui se voit au fil des haies de hêtre n’est fait pour durer. Chaque jardin est planté au printemps et démonté à la fin de la saison, ce qui en fait un concours de paysagisme éphémère plutôt qu’une collection d’œuvres pérennes. Le domaine porte pourtant les deux à la fois, et c’est ce qui trompe une partie des visiteurs venus chercher du land art.
Les jardins éphémères et les œuvres qui restent
À côté de la trentaine de parcelles renouvelées chaque année, le parc du château garde une quarantaine d’œuvres installées à demeure, confiées au fil des saisons à des artistes plutôt qu’à des paysagistes : Giuseppe Penone, Anne et Patrick Poirier, Pascal Convert ou Lionel Sabatté y ont posé des pièces qui traversent les années, dispersées dans les prairies et les sous-bois du domaine sous l’appellation Centre d’arts et de nature. Ce sont ces créations pérennes, et non les jardins du concours, qui se rapprochent le plus de ce qu’on appelle du land art ailleurs. Un billet d’entrée donne accès aux deux ensembles le même jour, mais confondre les deux collections mène à une visite décevante pour qui cherche l’un ou l’autre.
Ce qu’en disent les visiteurs
Le festival garde sa réputation de laboratoire international du paysage, mais les avis récents ne sont pas unanimes. Une partie des visiteurs de l’édition 2024, sur Tripadvisor, a regretté des massifs peu fleuris, beaucoup de pierres et de bois mort, et des jardins qui se ressemblaient d’une parcelle à l’autre. D’autres pointent l’absence d’artistes proprement dits dans la sélection, réservée aux paysagistes, ce qui limiterait la fantaisie des propositions. Les visites nocturnes, éclairées depuis 2009 sous le nom « Jardins de Lumière », ont elles aussi déçu certains habitués avant leur arrêt après l’édition 2025 : une partie seulement des parcelles restait allumée.
Une visite, dans l’ordre
- Le billet donne accès à l’ensemble du domaine : le château, le parc historique, le Centre d’arts et de nature et les jardins du festival.
- Les trente parcelles du concours se parcourent en circuit, chacune signée et accompagnée d’un court texte de son créateur.
- Le festival ouvre du 22 avril au 1er novembre 2026 ; le reste de l’année, seuls le château et les œuvres pérennes du parc se visitent.
- Un pass de deux jours consécutifs existe pendant la saison, utile pour qui veut revenir voir le domaine sous un autre jour.
À quoi le comparer
Le festival de Chaumont n’est pas seul dans son genre : le Festival international de jardins de Métis, au Québec, suit le même principe de concours annuel sur parcelles, depuis 2000. Il revendique plus d’un million de visiteurs cumulés et environ deux cent cinquante jardins présentés par des créateurs venus d’une quinzaine de pays. Les deux événements se sont même échangés des œuvres : Chaumont a accueilli le jardin québécois FolkFlore pour les vingt-cinq ans du festival de Métis, qui a de son côté reçu une création chaumontaise, Bruissement d’ailes. La différence tient surtout au terrain : Chaumont est un domaine classé avec château et collection pérenne, Métis un jardin botanique historique sur la Gaspésie, sans équivalent du Centre d’arts et de nature.
Pour qui vient chercher du land art au sens strict, plutôt qu’un concours de paysagisme, mieux vaut regarder du côté des parcs de sculptures en plein air construits autour d’œuvres qui ne changent pas chaque année.