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La Biennale de Lyon, une biennale d'art contemporain en France

31 août 2026 · 4 min de lecture
une ancienne façade industrielle en brique et verrière, sans enseigne ni personne, sous une lumière de fin de journée

Une biennale, sur un thème neuf à chaque fois

La Biennale de Lyon est une exposition d’art contemporain qui occupe plusieurs lieux de la ville tous les deux ans. Un thème neuf à chaque édition, un commissaire qui change souvent, des artistes différents. Elle existe depuis 1991, portée par une association qui organise en alternance deux manifestations : la Biennale d’art contemporain, les années paires, et la Biennale de la danse, les années impaires.

Création1991
Fréquencetous les deux ans, années paires
Lieu principalla Sucrière, quartier de la Confluence
Prochaine éditiondu 19 septembre au 13 décembre 2026
Tarif20 € plein tarif, 12 € réduit, gratuit sous 15 ans

La première édition, en 1991, s’intitulait « L’amour de l’art ». Elle a été portée par Thierry Raspail, qui dirigeait alors le Musée d’art contemporain de Lyon, et Thierry Prat, cofondateur du festival Octobre des Arts. Raspail a gardé la direction artistique pendant quatorze éditions, jusqu’en 2018. Isabelle Bertolotti lui a succédé. Elle dirige la manifestation depuis.

Le thème change, la formule reste

Chaque édition tourne autour d’un titre choisi par la direction artistique et, depuis quelques éditions, par un commissaire invité. En 2019, « Où les eaux se mêlent » interrogeait les circulations entre les mondes. En 2022, « Manifeste de la fragilité » a réuni des œuvres sur douze lieux, pour 274 225 visites. En 2024, un autre sujet : « Les voix des fleuves : Crossing the Water » a traité l’accueil et l’hospitalité, à travers 78 artistes et près de 280 œuvres, dont plus d’une centaine inédites, réparties sur neuf lieux.

L’édition 2026 s’appelle « Passer d’un rêve à l’autre ». Elle emprunte son titre à une idée du philosophe Walter Benjamin : les constructions imaginaires sur lesquelles reposent nos sociétés se déplacent, elles ne se dissipent pas. Elle réunit 119 artistes de 42 nationalités, sous la direction artistique d’Isabelle Bertolotti et la commissaire invitée Catherine Nichols, historienne de l’art installée à Berlin. Parmi les noms annoncés : Laure Prouvost, Pol Taburet, Angelica Mesiti, Susan Philipsz, Mikhail Karikis, Nicholas Mangan.

Les lieux, dans la ville et hors les murs

Le lieu principal, depuis 2003, est la Sucrière : une ancienne usine sucrière reconvertie au bord de la Saône, dans le quartier de la Confluence. Avant elle, la Biennale se tenait à la Halle Tony Garnier. Le Musée d’art contemporain de Lyon participe à chaque édition. Un ou deux lieux industriels rejoignent ensuite le parcours selon les années : les anciennes usines Fagor pendant deux éditions, puis les Grandes Locos, un ancien technicentre SNCF, et la Cité internationale de la gastronomie, tous deux ajoutés en 2024.

À côté de ce parcours payant, un programme appelé Veduta sort les œuvres des murs. Depuis 2007, il les installe dans les quartiers de la métropole : une piscine, une laverie, un commissariat, un centre commercial. Artistes et habitants y travaillent ensemble, sur place.

Le prix et le parcours de visite

Le billet plein tarif coûte 20 euros, 18 euros en ligne. Le tarif réduit descend à 12 euros, 10 euros en ligne, pour les moins de 26 ans, les demandeurs d’emploi ou les enseignants. Gratuit sous 15 ans, et pour les étudiants de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Le billet donne accès, une fois chacun, à six lieux d’exposition payants ; d’autres restent en accès libre, comme le Pavillon du 7e ou le jardin du Musée des Beaux-Arts.

Ce que la manifestation vaut, et ce qui grince

La fréquentation reste haute : 273 000 visiteurs en 2019, 274 225 en 2022. Mais la presse spécialisée revient régulièrement sur les mêmes reproches. Des changements répétés d’équipe, de lieux et de financement. Un budget contraint, qui réduit d’année en année le nombre d’œuvres exposées. Des lieux jugés parfois peu adaptés : les Grandes Locos, plus éloignées du centre que la Sucrière, ont été décrites comme difficiles à occuper avec des œuvres fragiles. Le budget total tourne autour de 8 millions d’euros, financé pour moitié par des subventions publiques (Métropole, État, Ville, Région) et pour l’autre par le mécénat et la billetterie.

Comparée à la Biennale de Venise

La Biennale de Lyon n’a pas la taille de la Biennale de Venise, la plus ancienne biennale d’art au monde, créée en 1893. Venise a réuni près de 700 000 visiteurs pour son édition 2024, et fonctionne par pavillons nationaux : chaque pays choisit son artiste et finance son propre espace. Rien de tel à Lyon. Une seule direction artistique compose l’ensemble du parcours, sur des lieux qu’elle choisit elle-même, sans représentation par pays. Le résultat est plus resserré, et sans doute plus lisible pour qui découvre ce qu’est une biennale d’art contemporain sans y être déjà familier.

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